29 octobre, 2010

MATERIALISME ET PENSEE

Classé dans : PHILOSOPHIE — poloduperigord @ 1:05

Nous ne pouvons rien concevoir, rien penser, que par contraste et par analogie.

La pensée par contraste : pouvons nous concevoir et définir le bon sans le mauvais, le fort sans le faible, le dur sans le mou,  le lourd sans le léger, le facile sans le difficile, et cetera ? Ces choses, et ces idées, nous pouvons les concevoir parce qu’elles font partie de notre monde, parce qu’elles nous sont perceptibles, donc compréhensibles. La chose et son contraire nous sont perceptibles.

La pensée par analogie : le mou animé ressemble au mou inanimé (la poche des marsupiaux et celle des pantalons), le dur grand au dur petit (l’aiguille à coudre et l’Aiguille du Midi), etc.

On peut pourtant se croire capable de concevoir des idées qui ne font pas partie de notre monde, par exemple l’infini, celui des étoiles du ciel, celui de la suite des nombres, et d’autres si on veut. Mais l’infini ne ressemble à rien de ce que nous pouvons voir ni percevoir dans notre monde. Tout ce qui nous est perceptible est fini, limité. On pourrait prétendre que certains sentiments sont infinis: l’amour par exemple… Mais beaucoup font l’expérience de la fin d’un amour qu’ils croyaient immortel et de plus, tous finissent par mourir. Que devient alors leur amour ? C’est pour moi un mystère.

Si on prend argument de la pensée par contraste pour dire qu’on peut concevoir l’infini parce qu’on croit concevoir le fini, je pense que c’est une erreur. Ce qui est fini, c’est tout ce que nous connaissons, donc  pouvons concevoir et ce qui est infini, c’est tout ce que nous ne connaissons pas, donc ne pouvons concevoir.

Donc la pensée abstraite, comme le comptage immatériel est une illusion, car nous, matière, ne connaissant que la matière et n’en sortant jamais (jusqu’à plus ample informé), ne pouvons concevoir, penser, aimer et haïr que la matière, quels-que soient les noms les plus fantaisistes, poétiques ou prétentieux que nous lui donnons.

C’est notre limite mais il n’y a pas à le regretter: nous ne sommes mêmes pas capables d’imaginer comment il pourrait en être autrement.

Sans doute, bien peu comprendrons mon raisonnement. La plupart des gens vivent dans un savant assemblage d’illusions qui s’échafaudent et se justifient mutuellement, imperméable à toute critique fondamentale. S’ils perdaient d’un coup leurs illusions, ils seraient si angoissés qu’ils se croiraient fous, comme ils croient fous ceux qui ne les partagent pas.

Rares sont ceux qui s’éloignent des illusions communes et ce n’est jamais par choix mais par une étrange nécessité.  (sera modifié et complété)

Laisser un commentaire

poèmes d'amour et d'espoir |
saisons nocturnes poésie noire |
jardinsdesapho |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | as1960
| Gare-au-loup.net
| recueil de citations, d'ext...