13 novembre, 2010

MES REFERENCES

Classé dans : MES REFERENCES — poloduperigord @ 23:03

Je ne sous-estime pas l’intérêt de référencer les arguments d’une thèse, à titre indicatif, mais je crois qu’en faire une règle systématique est une perversion majeure de la pensée. C’est une technique de raisonnement largement enseignée dans le système éducatif et qui conduit les élèves, et les professeurs qu’ils deviennent, à ne pas fonder leurs arguments sur la cohérence mais sur les références aux maîtres à penser que la classe dirigeante a choisi pour orienter l’opinion publique dans des directions avantageuses à la conservation du système politico-économique.

Je sens que quelques uns voudraient bien savoir quels sont les titres et diplômes universitaires qui m’autorisent à écrire ce genre de choses et je suis sûr de les satisfaire pleinement en leur apprenant que je n’en ai aucun et que je ne suis donc pas en mesure de farcir mes essais de citations prestigieuses, ampoulées, absconses ou hermétiques, qui donnent je le reconnais, un grand air de sérieux inattaquable au moindre fatras raisonneur.

Cette vénération de l’argument d’autorité nous vient de loin: « Aristote dit que … », « Gallien nous apprend que… », « Hippocrate enseigne que… », les dogmes ont enfermé l’enseignement et la raison pendant des siècles et bien naïfs sont ceux qui croient que ces siècles ne sont que passés. Il est facile et rassurant de se gausser de nos jours des médecins classiques soignant d’après la théorie des quatre humeurs, de se moquer niaisement de ceux qui croyaient que la terre était plate, de railler sans les connaître ni les comprendre les alchimistes qui expliquaient le monde avec quatre éléments. C’est facile parce qu’aujourd’hui nous n’en sommes plus là et persuadés d’avoir échappé aux erreurs grossières, persuadé parce que nous avons le nez dedans, incapables de la moindre objectivité sur notre époque et sur nous mêmes.

Quand à moi, me fondant sur cette expérience du passé, je ne respecte aucun argument d’autorité et passe tout raisonnement et toute opinion au crible de ma faible raison, la seule dont je dispose. Je citerai parfois tel inconnu que le hasard me fit croiser, tel scientifique si le nom m’en revient, le discours de l’un ne valant pas plus que celui de l’autre sinon par sa cohérence et son intelligence des choses.

poèmes d'amour et d'espoir |
saisons nocturnes poésie noire |
jardinsdesapho |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | as1960
| Gare-au-loup.net
| recueil de citations, d'ext...