13 novembre, 2010

DEUX PETITES HISTOIRES DE SAUVAGES

Classé dans : PHILOSOPHIE — poloduperigord @ 23:15

Il y avait un couple d’ethnologues allemands qui vivaient dans une tribu loin, loin par là bas, de l’autre côté de la terre. Ils y ont vécu et étudié pendant plus de vingt ans. Ils avaient une fille, amenée toute petite avec eux et qui avait donc grandi au milieu de cette tribu de niveau culturel préhistorique, partageant les jeux et l’éducation des enfants, apprenant la langue, les coutumes et la morale de ces primitifs. Elle était heureuse et épanouie.

Ses parents lui avaient fait l’école à la maison mais à l’adolescence, ils ont pensé qu’il valait mieux l’envoyer continuer ses études en Europe. Bien-sûr, elle leur a obéi et un avion l’a emmenée jusqu’en Allemagne. A peine débarquée, elle s’est demandé pourquoi tous les gens avaient l’air en colère et ne répondaient pas quand on leur disait bonjour. Pour faire plaisir à ses parents, elle a essayé de s’acclimater dans son internat mais au bout de quelques temps, vivre parmi de pareils sauvages égoïstes, violents, individualistes et grossiers dépassa les bornes de ce qu’elle pouvait supporter.

Elle avait supplié ses parents de la laisser revenir au pays, en vain. Alors, à deux reprises elle a essayé de se suicider. Elle a survécu, en Allemagne. Elle s’y est même mariée et a eu deux enfants mais elle disait qu’elle n’attendait qu’une chose: que ses enfants soient assez grands pour qu’elle puisse les laisser vivre leur vie et pour qu’elle puisse, elle, retourner vivre définitivement au pays des gens civilisés.

Une autre histoire, c’est celle d’un petit garçon, blanc, qui avait toujours vécu en Afrique de l’ouest. Un jour, lui aussi on l’a envoyé en Europe, en France. Arrivé à Paris, il a été tellement terrorisé par tous ces blancs à l’air méchant qu’il a couru se jeter dans les bras du premier noir qu’il a vu. Celui-ci l’a cajolé, consolé et lui a expliqué que non, les blancs n’étaient pas tous méchants, ils étaient juste différents, un peu bizarres, c’est vrai, mais qu’avec le temps, on pouvait même arriver à les comprendre à peu près.

Ce que je cherche, et que je trouve auprès de mes copains ex et néo soixante-huitards, héritiers des beatniks et hippies, c’est l’humanité, la compassion et la chaleur humaine que je n’ai presque jamais trouvé dans le reste de la population de mon pays. C’est le peu d’esprit communautaire et solidaire qui nous reste du temps des chasseurs-cueilleurs et qui existe encore en chacun de nous, plus ou moins enfoui sous des siècles de matérialisme et d’individualisme acquis. Mes copains et moi, je ne crois pas qu’on aie de solution pour améliorer la compétitivité industrielle du pays ni pour sauver le capitalisme boursier, mais on a des techniques assez efficaces pour rendre la vie plus douce et la communication plus agréable.

La plupart d’entre vous croit que j’évoque des produits psychotropes à base de plantes ou de chimie de synthèse… Ils se trompent : je parle de gentillesse, d’amour, de sincérité et de musique.

29 octobre, 2010

MATERIALISME ET PENSEE

Classé dans : PHILOSOPHIE — poloduperigord @ 1:05

Nous ne pouvons rien concevoir, rien penser, que par contraste et par analogie.

La pensée par contraste : pouvons nous concevoir et définir le bon sans le mauvais, le fort sans le faible, le dur sans le mou,  le lourd sans le léger, le facile sans le difficile, et cetera ? Ces choses, et ces idées, nous pouvons les concevoir parce qu’elles font partie de notre monde, parce qu’elles nous sont perceptibles, donc compréhensibles. La chose et son contraire nous sont perceptibles.

La pensée par analogie : le mou animé ressemble au mou inanimé (la poche des marsupiaux et celle des pantalons), le dur grand au dur petit (l’aiguille à coudre et l’Aiguille du Midi), etc.

On peut pourtant se croire capable de concevoir des idées qui ne font pas partie de notre monde, par exemple l’infini, celui des étoiles du ciel, celui de la suite des nombres, et d’autres si on veut. Mais l’infini ne ressemble à rien de ce que nous pouvons voir ni percevoir dans notre monde. Tout ce qui nous est perceptible est fini, limité. On pourrait prétendre que certains sentiments sont infinis: l’amour par exemple… Mais beaucoup font l’expérience de la fin d’un amour qu’ils croyaient immortel et de plus, tous finissent par mourir. Que devient alors leur amour ? C’est pour moi un mystère.

Si on prend argument de la pensée par contraste pour dire qu’on peut concevoir l’infini parce qu’on croit concevoir le fini, je pense que c’est une erreur. Ce qui est fini, c’est tout ce que nous connaissons, donc  pouvons concevoir et ce qui est infini, c’est tout ce que nous ne connaissons pas, donc ne pouvons concevoir.

Donc la pensée abstraite, comme le comptage immatériel est une illusion, car nous, matière, ne connaissant que la matière et n’en sortant jamais (jusqu’à plus ample informé), ne pouvons concevoir, penser, aimer et haïr que la matière, quels-que soient les noms les plus fantaisistes, poétiques ou prétentieux que nous lui donnons.

C’est notre limite mais il n’y a pas à le regretter: nous ne sommes mêmes pas capables d’imaginer comment il pourrait en être autrement.

Sans doute, bien peu comprendrons mon raisonnement. La plupart des gens vivent dans un savant assemblage d’illusions qui s’échafaudent et se justifient mutuellement, imperméable à toute critique fondamentale. S’ils perdaient d’un coup leurs illusions, ils seraient si angoissés qu’ils se croiraient fous, comme ils croient fous ceux qui ne les partagent pas.

Rares sont ceux qui s’éloignent des illusions communes et ce n’est jamais par choix mais par une étrange nécessité.  (sera modifié et complété)

ARYTHMETIQUE FONDAMENTALE

Classé dans : PHILOSOPHIE — poloduperigord @ 0:47

Parmi les chiffres, on nous enseigne le zéro, qui représente l’absence, or l’absence est une notion vague qu’il convient de préciser:

Un quelque-chose moins un quelque-chose égale zéro quelque-chose, donc ce zéro n’est pas rien. Zéro n’est jamais rien car c’est toujours zéro quelque-chose.

Notre condition matérielle nous interdit de compter immatériellement. Quand nous croyons compter immatériellement, nous nous trompons, nous ne faisons qu’oublier l’aspect matériel de notre comptage, mais cet aspect existe toujours.

Serait ce pour cette raison que ceux qui comptent le plus, les marchands, sont aussi les plus pervers de notre espèce ? Serait ce parce qu’ils comptent leurs bénéfices en feignant d’ignorer que derrière chacun de leurs chiffres il y a des gens qui vivent, travaillent et souffrent d’injustice ?

(sera modifié et complété)

27 octobre, 2010

A DIEU ET A DIABLE

Classé dans : PHILOSOPHIE — poloduperigord @ 1:22

S’il y a du dieu en moi, le diable y a sa place car dieu et diable sont inséparables. Diviniser, divi-ni-ser, c’est (se) diviser et le ni-(er), c’est prendre une part de soi, la meilleure, celle qu’on aime et qu’on admire le plus pour la poser devant soi, sur un autel, un piédestal, dans une arche d’alliance et l’adorer comme si ce n’était pas une simple part de soi mais un être extérieur meilleur et plus puissant que soi, et nier que ce fut jamais cette simple part de soi à laquelle nous refuserions sinon d’accorder tant d’égards, ces égards que l’on refuse aussi aux vivants entiers.Les croyants disent cependant souvent que leur dieu est aussi en eux, dans leur coeur, alors qu’ils situent plus volontiers le diable à l’extérieur d’eux.

Le diable, le non disable, l’indicible, c’est une autre part de soi, ce dont on a trop peur et trop honte pour le voir et le dire en soi, c’est « l’ombre » de Jung, ce qu’on sépare de soi et qu’on bannit à l’extérieur en lui défendant de revenir et en niant farouchement qu’on l’ai jamais connu. C’est un bouc-émissaire chargé de nos péchés et de nos faiblesses et qu’on envoie mourir dans le désert dans l’espoir naïf de s’en débarrasser. Il nous revient toujours car il est immortel tant que nous sommes vivants. Il est une part de nous et n’aspire qu’à revenir chez lui, en nous, le pauvre diable, auprès de son meilleur ami, notre bon dieu. Si nous fuyons quand il approche, si notre ombre nous fait trop peur, nous ne pouvons connaître la paix et la plénitude . Oserai-je contredire Pascal ? L’homme est ange et bête, qui veut faire l’homme doit faire les deux.

25 octobre, 2010

DU PASSE ET DU PRESENT

Classé dans : PHILOSOPHIE — poloduperigord @ 22:46

Ainsi qu’un corps longtemps contenu dans un corset ou des vêtements serrés mais qui en aurait depuis perdu l’habitude n’accepte pas volontiers de remettre ce carcan, un esprit soumis anciennement à la contrainte et qui a fait l’expérience d’une liberté plus grande se révolte contre le retour aux vieilles limites.

C’est pourquoi souvent, des gens dont le commerce nous était autrefois supportable parce que quotidien nous deviennent odieux après une séparation de quelque durée, malgré la trompeuse impression qu’eux ni nous n’ayons changé. Le retour aux anciennes manières est rarement possible, qu’on s’en réjouisse ou le déplore. Même une impérieuse nécessité a peu de chances de nous y faire consentir.

Il vaut mieux s’en accommoder, faire la part des choses et considérer que ce passé est de peu d’importance, sans quoi le regret de ce que, déformé par l’éloignement, nous croyons avoir été un certain bonheur, empoisonne notre présent en contrariant notre aptitude à vivre sainement.

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